Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 19:49
4 juillet  

Night shift de 21h à 9h enchainé d’un cleaning shift puis infitration sans transition dans une party de new-yorkais branchés sur les toits de Brooklyn pour admirer les feux d’artifices. Independance Day !! Ça y est, les évènements filent trop vite pour que j’ai le temps de raconter.
    Me suis déguisée en parisienne mondaine pour intégrer la fête select à laquelle j’ai eu l’honneur d’être conviée par un keum qui habite au Chelsea East. J’ai joué ce rôle de « it french » toute la soirée et me suis réellement éclatée, à coups de Budweiser. Ridicule et dérisoire un peu tout ce truc de mode, de paraître et de fric. Minis shorts pour les girls comme pour les boys, RayBan de rigueur, tongs et légers sacs de toile. Tenue de plage quoi. Mais dans la ville. Pourquoi pas. J’ai jamais réussit à saisir complètement mais les gens étaient quelque chose comme journalistes de tendances et d’art sur le web. Friqués, jeunes et terriblement à la mode. Un régal pour mes études ethnologiques, d’être introduite au milieu de cet environnement hype arty ! Séance d’espionnage chez les bobos, made in USA. Complètement high, me suis lâchée et j’ai blablaté tout le monde. « Amazzinggiiing !!!! » Vue magnifique, coucher de soleil et feux d’arty-fesses sur skyline (photos à l’appui). Barbecue intégral-légumes  pour ces délicats citadins végétariens.
Sur les toits, entourée d’explosions colorées, j’ai trouvé deux types avec lesquels on a parlé de Sartre, de Spinoza, d’Hegel, partagé notre passion pour Garcia Marquez, Hugo, Dostoievski et enthousiasmés pour Antonioni, Godard et Scorsese. Incroyable, les américains sont intelligents et cultivés ! Certains. Encore des préjugés qui s’estompent. On est parfois prétentieux en Europe quand même. C’est marrant comme chacun est réellement convaincu d’être au centre du monde.
    Je me sens insignifiante, minuscule fourmis un peu minable dans ce vaste monde rempli de pays, de villes et de gens. Impensable exhaustivité. Existences partielles. Flemme de développer.
Bon, cet aprèm, excursion dans un park avec Angie et avant, expédition Bank of America pour remplir mon porte monnaie des fins papiers verts rectangulaires qui contiennent le sens de la vie.
Me sens un peu égocentrique d’étaler mes aventures mais c’est tellement bon d’écrire et de formuler ses impressions, de partager un peu mon monologue intérieur. Je pense à vous tous et j’espère avoir de vos nouvelles détaillées !
    Prenez soin de vous…
Par Lucie
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 04:08
3 juillet.

J’ai passé la journée au Chelsea East à discuter en VO non sous titrée avec des staff (les collègues quoi) et des guest (les clients quoi, d’ailleurs, « guest », du genre, ils payent pas !). Bref, toutes ces discussions sur tout et sur rien (surtout sur rien), c’est quand même intéressant. ça confirme bien que les préjugés sont destinés à être dépassés et que, quand on creuse un peu, chacun est un peu spécial.
Par exemple, il y a David, un italien beau comme un héros de pasolini qui veut devenir acteur à hollywood, qui frissonne quand il écoute des tubes de variét italienne que l’on connaît tous grâce aux super-marchés et qui parle pas mal de sa mamma. Bon. Et bah il a cuisiné des pâtes délicieuses pour tout le monde (premier repas digne de ce nom partagé autour d’une table avec des assiettes et des couverts et tout le tralala), il a fait des blagues toute la matinée, mais surtout, je réalise qu’une complicité -modeste et ephémère- est envisageable même avec des gens très différents de soi.
Il y a aussi Angie-autralienne-de-Singapour, Elissa-aux-cheveux-rouges, Collin-le-gothique, Andrea-de-mexico, Reece-l’autralien-aux-Ray-Ban, Tiara-qui-a-fait-une-école-d’art et Kiff-de-Londres (oui kiff, comme dans laisse moi kiffer la valse avec mon mec ! ). Casting digne de Hartley cœur à vif. Ardu (même racine que « hard » ?) quand même de communiquer in english et de s’introduire dans un groupe. Cette nuit, je bosse à l’acceuil, de 9h du soir à 9h du mat. Check in/check out toute seule, ça va pas être du cookie.
Là, j’ai fait une grande ballade dans le lower East Side, c’est à dire au Sud du Chelsea East. J’ai échoué dans un Starbucks, je sais c’est pas engagé comme pause cappucino mais il faut bien vivre avec ses contradictions… Ces quartiers que je viens de traverser étaient plutôt pauvres. Quand on arrive à la mer, il y a des grues, des usines et des contenaires. NY, c’est aussi un grand port industriel.
Ah oui, j’ai oublié de parler de la mer ! Le premier jour, j’ai pris une rue au hasard, et j’ai marché marché, et je me suis trouvée face non pas à une rivière, comme dans une banale ville européenne, mais face à l’océan ! Avec des algues, des embruns, des grosses vagues et le vent du large. Et l’horizon entrevu. La vraie mer quoi. Respirer du monoxyde de carbone iodé, ça aussi c’est nouveau !
Ha, j’ai aussi été au market. C’est rigoglo tous leurs produits alimentaires, c’est pareil, mais en différent ! Je savais qu’ils connaissent pas le fromage mais je découvre qu’ils ne connaissent pas non plus les yahourts. Par contre, ils ont plein de choses inconnues au marmiton qu’il me tarde de goûter. Face à leur choix démesuré de sauces de salades, sorte de vinaigrettes toutes faites au sésame ou gingembre ou raisin ou tomates ou poivrons ou cerises ect… j’ai tenté l’expérience dubitativement mais j’ai été conquise ; leurs sauces de salades sont un enchantement qui transforme le plus diététique des repas légumeux en festin !
Bon, voilà un peu mes premières impressions sur la grosse pomme.

Par Lucie
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 04:00
Humm… Encore une journée qui en contient plusieurs tant elle fut dense…
Quand mon réveil a sonné, à 7h du matin, j’ai cru qu’il me faisait une blague.
Rencontre avec Hannah, la patronne du Chelsea East. Souriante, yeux clairs entourés des fines rides caractéristiques des gens qui ont passé beaucoup de temps dans leur vie à sourire. Un personnage, cette Hannah, authentique commerçante avenante et alerte à l’amabilité un peu forcée. Légèrement hypocrite peut être mais chaleureuse certainement. Elle a de grands éclats de rires explosifs qui me font sursauter. La chef en chef dynamique m’a intimé de commencer par un peu de ménage. Donc balayage intégral et collectage des poubelles. Traumatisme. J’ai manipulé toute la matinée des bouteilles de plastique vides, des papiers froissés, des cheveux savonneux, des cotons-tiges teintés d’orange, des mouchoirs poussiéreux de l’an mille, des rognures d’ongles et toute une selection d’autres choses non-identifiées !
Là, je suis dans le salon du staff sur le canapé, il y a un australien à Ray Ban -Reece- qui est absorbé par la préparation d’une potion magique à base de 7 épices (j’ai compté, j’an rajoute pas !) qu’il mesure patiemment et mélange pour faire une méga sauce de poisson si j’ai bien compris. Odeurs de cumin, paprika et coriandre.

Une pluie tropicale est tombée sur la ville du matin au soir. Étrange humidité ensoleillée. Grand ciel bleu, soleil radieux et pluie incessante et dense. Chaleur moite et douce. J’ai vu tant de gens aujourd’hui ! La foule ici, est colorée. Les boutiques sont bariolées, les fringues sont bigarées et bien sûr, tous les taxis sont jaunes. L’inverse d’une ville-grise comme Paris. Même sous une pluie battante, c’est joyeux. J’ai remonté tout Broadway jusqu’à-presque-Central Park. Une journée entière sous la pluie chaude à regarder les grattes-ciels.

Architecture impressionnante et belle. Tout le monde sait ça : aux États Unis, tout est géant. Mais c’est quand même surprenant, les immeubles sont réellement immenses. Cependant, ce n’est pas du tout écrasant, c’est comme si le ciel, lui aussi était plus vaste ici. Mais plus que ces proportions grandioses et que ces baptiments qui s’élancent jusqu’aux cieux, c’est les gens qui me fascinent. Envie de capturer presque chaque personne que je croise. Le gentil flic black qui sert sa partie, la jeune fille blonde en nuisette fleurie qui hèle un taxi, la mamie autochtone avec sa casquette I love NYC. D’ailleurs, il me semble indispensable d’ouvrir ici une parenthèse ; pour les modeurs (euses) qui se posaient la question, hey bien oui ! À New York aussi, c’est hype-trendy les T-shirts « I cœur NY ». Amazing ! Bref, envie de mettre Broadway dans mon appareil photo, de rendre à la fiction ce qui appartient à la fiction.


Me suis aussi prise pour Lucie-Poulain : j’ai même passé un moment avec la belle  clocharde Angela. Elle était toute douce et gentille. On a discuté ensemble mais elle est soudain devenue complètement dingue, agressive et elle est partie dans un grand délire sur les aéroports et s’est mise à faire des grimaces atroces. J'ai osé faire un portrait d'elle avec sa permission. Suis émue du résultat mais j'arrive pas à mettre de photos ici... (moi non-geek)

 Après une journée passée à  contempler les miracles de la civilisation, cette foi confiante dans le progrès et la bonté humaine, après une journée sur Broadway, célébration de la consomation décomplexée, il a suffit que je m’engouffre dans une rue transversale pour me retrouver face à la misère. J’allais oublier que ce monde où l’argent est une valeur, la culture une marchandise, ce monde à la morale bien-pensante est surtout un monde dégoûtant, construit sur la misère. Money, money, money !
Quand la pluie s’est enfin arrêtée, les trottoirs humides, la ville encore trempée, je me suis sentie lasse et amère d’avoir vu tant de couleurs et je me suis sentie bête d’avoir pu croire ne serait-ce qu’un instant que New York était le centre du monde. J’ai détesté les États Unis.

Enfin, j’ai réalisé qu’il était tard et que la petite batterie dans ma tête était rouge et clignottante. Dododododododododododododo…
Par Lucie
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 03:57
WAAAOUOUOUHHH!!!!!!

J'ai l'impression d'avoir été happée par un écran de télévision. Le monde des films et des séries existe pour de vrai!
Hallucinations perpétuelles: tout ce qu'il y avait dans la petite boite noir, tous ces endroits, ces objets et ces gens de fiction existent pour de vrai! En vrai il y a des gosses baleines roses qui boivent du coca, en vrai il y a des gangsta avec des chaines en or, en vrai les caissiers des boutiques ont leur nom brodé contre leur coeur sur leur chemise de travail.
L'hostel- le Chelsea East- est situé dans le Lower East Side, à Mahanttan. C'est entre China town, little Italy, Wall street et Central Parc. À chaque coin de rue, on est projetté dans la fiction! J'ai arpenté la ville ce matin...
La pizzeria, et c'est tout Tarantino qui surgit, les escaliers de secours sur les façades des batiments de brique, c''est Friends. J'ai aussi croisé Carrie Bradshow à Essex Street. Woody est omniprésent. Je suis passée à travers un vortex pour atterrir dans le monde de la fiction!
Et en plus, c'est en VO! Pas si facile de comprendre et parler la langue de Jim Jarmush.
Le Chelsea east est un endroit super! Grand loft rempli de lits et de gens qui viennent de partout autour du monde et de partout autour des États Unis. Les chambres sont séparées par des tissus suspendus; beurre de cacahouètes et shampoing partagés: ambiance communautaire. Quelques autres personnes bossent et dorment ici et sont étonnament acceuillants- sauf un asiatique gothique mutique directement sorti de Daria!
Premier shift ce matin: récurage des douches, des toilettes, balayage et serpillage des sols, expédition à la laverie automatique, enlevage et remettage des draps et serviettes de toilette et enfin, courses de céréales (paquets XXXL) et de lait (bouleilles XXXL ) pour le petit dej. J'ai trouvé le moyen de bien galèrer: me suis évidemment perdue en revenant de la laverie, paumé mes quarters en route et j'ai même réussi à être coincé dans l'ascenseur ( un magnifique ascenseur, comme dans After Hours). Épuisant avec le décalage horaire en plus! Me suis écroulée ensuite comme un pancake.
Une journée seulement!?
J'oubliais: Les poubelles métalliques et les boites aux lettres sont magnifiques!
Par Lucie
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