Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 18:42

    Lundi. Cleaning encore. Trois heures de transpiration : toilettes, douches, sols, poubelles, linge à laver, à plier, faisage de plus de vingts lits et enfin, achetage de lait final. Application à laver la crasse des inconnus. Ne pas être dégôutée. Enchaîner les tâches sans se plaindre. Une guest m’a dit le soir que vraiment, c’était quand même pas très propre cet hostel. J’ai eut envie de l’exploser.
    Voilà. Bon, c’est vrai que c’est un peu dégueu cet endroit. Et il y a de plus en plus de souris sous les lits, des  gros cafards gras dans la cuisine et les Bed Bugs sont revenus.
    Promenade dans Chinatown avec Angie qui est en ce moment paumée de la vie. Vivre en Australie, aux USA, en Europe ? Le fast food coréen ou elle travaille vient de faire faillite. Ou de fermer en tous cas, on sait pas trop pour quoi. Tellement de mystère dans ce système d’entreprises au noir. Où trouver un nouveau job ? Où trouver un appartement ? Je me suis sentie obligée de la rassurer. Ca m’a pris la soirée et toute mon énergie. Journée pourrite de toutes façons.
    Elissa est revenue des Bermudes. Elle nous a montré ses photos de grottes remplies d’eau translucide, les plages de sable blanc et les paysages verdoyants de plantes tropicales. Je suis jalouse ! Elissa se prépare maintenant pour Burming Man, un festival de ouf dans le Nevada. Une sorte de communauté ephémère dans le désert. Pas d’argent mais uniquement des échanges en nature. Comme dans les Schtroumpfs. Alternative anti consommation. L’idée, c’est de tout partager pendant deux semaines. Partager le matériel mais aussi partage humain, lieu de rencontres. Des harts aussi bien sûr : concert, théâtre, danse, sculpture, poésie, ect… Du sexe et de la drogue aussi. Rassemblement néo-hippy assez dingo. Ah oui aussi, tout le monde porte des vêtements incroyables. Mélange de costumes anciens et de rock. Robe à crinolinne et piercings, chapeau haute forme et blouson de cuir. Utopie Peace and Love New Wave.   
    Hum, voilà.    

Par Lucie
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 18:41
    Dimanche.
    Encore un cleaning shift. Je commence à haïr le ménage là.
    Passé l’aprèm avec les adorables Holly et Adam. Ils m’ont emenée  écouter un concert de Jazz à Brooklyn. J’ai pas envie de raconter. C’était génial. Musique à l’intérieur du corps. Improvisation guitare-batterie jusqu’à tard dans la nuit. Bonheur de l’abstraction des sons. Et ressentir le présent.
    Bref. Hum, voilà.
Par Lucie
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 18:39
    Compte à Rebours. Je suis dans un café. On est samedi. Je m’envole demain. Depuis une semaine, aucun article. Pas envie de raconter. Réalité débordante ne se laisse pas saisir par des mots. Flux de l’existence qui résiste à tout récit. Mais je vais finir puisque j’ai commencé. Donc je saute dans le temps jusqu’à samedi dernier, enfin, samedi d’avant. Pas du tout la même écriture sur le vif. Déjà le travail du souvenir, les transformations de la mémoire et la séléction implacable de l’oubli. Déjà, tout se mélange, je ne me souviens plus très bien. N’est ce pas incroyable, la rapidité avec laquelle on oublie tout !?
    Là, je bois un chocolat chaud « wicked », c’est à dire avec une touche de cannelle et de piment ; délicieux ! Et je viens de me brûler méchament en le buvant, fuck ! Et j’écoute à fond Bach avec le super casque insonorisant qui fait être dans une bulle de musique. Variations Goldberg. Bonheur.
    Donc, retour dans le passé. Samedi en –moins- huit. Jardin Botanique de Brooklyn. Tôt le matin, avant l’arrivée des frères humain trop humains. Des vrais arbres avec écorce humide et feuilles par milliers. Des verrières circulaires reliées par un réseau sous terrain de couloirs. La serre du désert. La serre de la forêt tropicale. La serre des Bonzaïs. J’aime bien les serres. Je trouve ça poétique. Ça me fait penser aux serres du Jardin des Plantes, au Paris de Tardis, au Musée de Paléontologie. Aux expérimentations de Bouvard et Pécuchet.
    Roses par centaines. Exposition sur les plantes carnivores (j’espère d’ailleurs que ma plante carnivore parisienne se porte à merveille !). Nénuphares. Bref. Un jardin spécial Shakespeare avec les plantes qu’il évoque dans son œuvre. Reconstitution ces univers végétaux fictifs et conffrontations avec les textes.
    Bref, vive la Nature. Après midi double shift. Je remplace Angie qui a été appellée d’urgence au fast food coréen où elle bosse. J’ai trop galéré. Ménage plus checks in en série. Mais j’ai géré. 12 nouveaux guests se sont pointés en même temps. J’ai donc fait la présentation pour tout le monde d’un coup. Encore une fois, merci l’École du Jeu. Mais bon, c’était un peu de l’arnaque. À force de faire la gentille, les gens commencent ici à me marcher sur les pieds parfois. La bonne poire, c’est moi.
    Hum, voilà.
   

Par Lucie
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 14:58

    J’en ai marre. Je fais des insomnies. J’arrive pas à dormir. Les Bed Bugs sont de retour je crois. Dans Fight Club, les insomnies, c’est le point de départ. C’est l’origine de la Schizophrénie. J’en suis pas là. Mais l’hostel est presque jamais endormi. Entre les jeunes de service qui rentrent à quatre heures du matin après la party-party et les moins jeunes,  qui se lèvent à huit heures pour visiter la grosse pomme et profiter un maximum de leur semaine de vacances, il reste peu de temps pour le silence. De toutes façons, le trafic ne s’arrête jamais. Toujours, il y a des taxis, les delis sont ouverts et il y a des gens dans la rue. C’est vrai que cette ville ne dors jamais.
    Je fais une overdose de ville, de pollution, d’agitation et surtout, d’humains ! Je rêve de mer et de forêt. Pourquoi on s’entasse tous les uns sur les autres dans des espaces restreins ? Pourquoi une telle persistance dans l’agglutination ? Il y a encore plein de place sur la planète ! La ville est tellement opressante parfois, que ça donne envie de vivre à la campagne. Au milieu de nulle part et au milieu de personne. J’admire les gens qui ont fait le choix de renoncer au grouillement de la cité et à la comédie sociale.
    Day off. Le métro est littéralement aux pieds de l’hostel (ou plutôt, littéralement, si l’hostel avait des pieds). « F-train » donc, direction Prospect Park à Brooklyn. Étendues vertes désertes cernées d’arbres. Un grand ciel bleu, un drap, des ombres mouvantes et un bon bouquin. Le Bonheur ! Une découverte littéraire encore : Salman Rushdie. Voyage en Italie et en Inde de la Renaissance. Pirates et sorcellerie. Soudain, un orage éclate. « Un éclair, puis la nuit » (Baudelaire bien sûr !).
    Le ciel devient noir. Le tonnerre tonne et la foudre foudroie. Pluie tropicale qui se déverse sur le jardin. On apercoit des coins de ciel azur survivants. C’est le combat du ciel bleu et du ciel noir. Les noces de ciel bleu et ciel noir.  Il fait à la fois nuit et jour. Comme dans certains tableaux de Magritte.
    Bref, un orage en été quoi. Bon, expo photo Avedon après, sur la mode à la Maison Internationale de la Photographie. Avec Holly et Tiara. Tiara, j’en ai jamais parlé je crois. Elle vient de Pennsylvanie. Pote de Collin de Lycée. Genre asociale misanthrope désagréable.
    Bon. Prenez soin de vous.

Par Lucie
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 04:01
Vite, vite, on a le temps de filer au musée d’Art Contemporain de Chelsea avant l’Afternoon shift. Exposition temporaire consacrée à l’Iran. Le fait qu’une exposition sur ce pays soit organisée aux États Unis est déjà une information intéressante en soi. Regards croisés d’artistes iraniens résidant en Iran ou d’artistes iraniens émigrés aux States. Pas mal. Un certains nombre d’œuvres du type « oui-bon-pourquoi-pas-mais-encore ? ». Quelques une méritent d’être évoquées. Désolée, j’ai noté aucun  des  noms des artistes. Tang Pi.
    Sur un mur, plein de publicitées téléphone rose et tchat coquin sont épinglées. Sauf que les poufs vulgaires ont revêtu une burqua noire intégrale. Les mêmes poses lascives et les mêmes regards suggestifs, l’étalage de chair en moins. La nudité supprimée au marqueur. L’érotisme censuré. Sauf que. Sauf que ces femmes  entièrement cachées ne perdent pas leur charge sexuelle ; la dissimulation des corps ne suffit pas à l’effacer. Au contraire, les burquas de marqueur ajoutent un aspect mystérieux troublant. J’ai pas exactement saisi le concept.  Un « toutes des putes » ironique ?
    Une autre œuvre : une salle sombre par laquelle on accède en descendant quelques marches sous un tonnerre d’applaudissements. Projections d’extraits d’émissions télévisées, au moment où les gens applaudissent. Une dizaine d’écrans et autant d’archives télévisées d’américains qui frappent leurs mains en cadence. Ça fonctionne très efficacement.
    Déjà, dans la vraie vie, quand les gens applaudissent après un spectacle, c’est comme un minuscule spectacle en bonus. Nous, humains civilisés, qui savons nous comporter avec discrétion et retenue, nous qui  nous maîtrisons au quotidien, nous qui offrons une apparence constante de calme serein ; nous nous mettons soudain à nous agiter. À faire des grands gestes avec nos bras et à frapper violemment nos mains entre elles. Clap Clap Clap.
    Et comme si ces gesticulations grotesques ne suffisaient pas, un sourire niais supposé exprimer une reception du spectacle satisfaisante (sourire sincère parfois, poli souvent) accompagne ces manifestations incongrues. Éventuellement, il est même possible de se lever afin de souligner son enthousiasme.
    Ce mouvement de taper ses mains l’une contre l’autre est si absurde. C’est comme un bref surgissement de notre nature sauvage, un rappel de notre origine animale qui apparaît précisément lors de la consommation de produits hautement culturels ; Théâtre, Opéra, Ballet.
    Il y a aussi l’applaudissment de la Télévision. Moment clef dans le rituel des émissions de « divertissement ». Quand quelqu’un fait son entrée sur le plateau, trouve la bonne réponse ou fait une blague pas marrante. Tous les pretextes sont bons pour donner libre cours à ce déchaînement de pulsions brachio-manuchiales.
    Ça me fait penser à un autre truc qui n’a rien à voir. Dans les rues de Manhattan, comme dans les rues de Paris, le passant attentif peut remarquer des ossements délicats sur des coins de trottoirs. Des restes de Fast Foods qui cuisinent du poulet frit et des beignets de poulet. Les humains mangent la chair, rongents les os et parfois, les jettent dans la ville. Ces petits ossements sont comme un témoignage de notre carnivoracité et un aveu de notre barbarie au sein même de la cité.
    Bref. Une œuvre intéressante sur la torture aussi. Des dessins sommaires, très simplifiés de corps subissants diverses tortures sont projettés un cercle. On dirai une forme géomètrique un peu abstraite et mouvante. On se laisse absorber par l’aspect graphique. Puis soudain, l’aspect éthique ressurgit brutalement. Il s’agit de la représentation de la souffrance. Douleur mise à distance par un aspect schématique, ce qui rend son observation tout à fait suppportable. Même pas impressionnante. En revanche, la réalité qui y correspond, et qui est bien une réalité est, elle, intolérable. J’explique mal.
    Enfin, une exposition d’Art Contemporain qui donne à penser le Politique.
    Bref. Retour au Chelsea East pour un Afernoon shift. Il fait plus chaud que jamais. Béni soit le Saint Ventilateur. Eva, une quarantenaire d’origine slovaque m’a raconté des morceaux de sa vie. Le choc culturel quand elle débarque aux USA à vingts ans dans les années 80 alors qu’elle ne parle pas un mot d’anglais et qu’elle a grandit dans un pays communiste.
    Pendant ce temps là, Andrea fait semblant de faire le ménage. Elle déteste le cleaning shift. On desteste tous les cleaning shift. Mais du coup, Andrea estime que c’est telllement relou (ce en quoi elle n’a pas tort), qu’elle ne le fait pas.
    Instant sadique. Un guest super mal à l’aise hésite. On dirait le héros de l’attrape cœur de Salinger. On dirait un ado qui a fugué. Il est tout seul, vient de Californie et a l’air paumé. Il ne sait pas s’il reserve un lit ou pas. Bon oui. Mais en fait, non. Je comprends finalement qu’il veut partir et voudrai être remboursé vu qu’il ne va pas dormir ici. J’attends alors qu’il me le demande. Qu’il ose formuler le truc : serait-il possible d’être remboursé, s’il vous plait mademoiselle ? Mais il le fait pas. Il attend dans l’entrée que quelque chose se passe. Regard suppliant. Il espère que je lui propose sans doute. Je l’ignore. Il en peut plus le pauvre. Enfin, il pose la question qui le tourmentait depuis de longues minutes interminables (hey ! inter-minables !). Of course, je lui dis avec un grand sourire, en lui tendant les billets verts. Hahaha ! Mais pourquoi est-elle aussi méchante ?
    Holly a réapparu. Accompagnée d’Adam, son fiancé. Ils sont tout simplement adorable tous les deux. Des gens un peu spéciaux, passionnés de Jazz. Lui, guitare accoustique. Ils ont des étoiles dans les yeux quand ils parlent de musique. Des étoiles dans les yeux aussi quand ils se regardent, les amoureux.
    Elissa part pour les Bermudes ce soir. Ou peut être pas car il y a un Ouragan fonce droit sur les plages à cocotiers.
    Voilà. Et le soir, j’ai mangé une glace à la noix de coco achetée à l’épicerie « hispanic chinese grocery » du coin avec Reece, sur les bords de l’East River.
    Prenez soin de vous.
    
    
                   
Par Lucie
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