Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 04:23
        En ce 20 juillet de l’an de grâce 2009, ardu fut le réveil. Beurre de cacahouète et gelée de raisin avec corn flakes probablement OGM et bidon de lait crémeux dégueux. Vive le free Breakfast.
        Les guests économistes m’ont raconté que c’est la journée de l’Amitié en Argentine.. Un événement festif de la plus haute importance qui réunit chaque année lesdits amis autour de mets savoureux. Il faut impérativement réserver les resto à l’avance car tout est archi complet, il paraît. Ils étaient dégoûtés de manquer leur tablée annuelle de potes et leur boustifaille. Plutôt chouette idée, non ?
        On a inventé un jeu avec Reece-l’autralien-aux-sept-épices-magiques. Ça s’appelle « Ugly Fruit ». Le principe, c’est de trouver le fruit le plus laid du monde. La pomme-nombril (si si, ça existe) remporte la palme actuellement.Mais c’est un jeu en devenir, il est toujours envisageable de trouver un fruit dont la laideur surpasse celle du fruit le plus laid du monde. On est ouverts à toutes les suggestions. Et il est en outre possible de décliner la même idée avec les légumes, les insectes ou les oiseaux.
        Puis sieste en pleine journée. Il était temps… Quel bonheur de se sentir s’éloigner doucement , les conversations entendues dont le sens se fond, se confond avec la rêverie. Et puis d’un coup, on se réveille et c’est déjà presque le soir.             Ciné en plein air au milieu des grattes ciel à Bryant Park avec Reece-et-ses-lunettes. On a joué sur le chemin, au « Street Game » que je déteste car je suis nulle. Bon le plan New York ressemble à un quadrillage tracé à la règle. Architecture de la ville régulière et géomètrique qui implique une façon particulière de se déplacer et de se repèrer dans l’espace. Il y a une logique dans le nom des rues qui portent des numéros qui se suivent avec une indication sur la direction (Est, Ouest, Nord, Sud) et sur le sens (horizontal ou vertical). « East 4th Street » par exemple, ou « Second Avenue ». Mais il y a plein d’exeptions avec des noms propres et aussi des trucs anormaux parfois. Donc le jeu consiste à se souvenir de l’enchainement du nom des rues parallèles. Et aussi, variante plus difficile dire s’il y a une rue synonyme dans un autre borough. Bref, c’est compliqué et Reece est imbattable à ce jeu.
        Harold and Maude, le film. Une histoire d’amour sixties entre un adolescent et une vieille dame. Roman d’apprentissage loufoque (Hey ! Loup-Phoque !) Pas du tout glauque comme on pourrait le soupçonner mais très touchant, voir troublant. Fils unique de bonne famille, Harold est fasciné par la mort. Son hobby, c’est de mimer des scènes de suicide qui sont d’ailleurs super drôle (si, si). Il aime aussi aller à des enterrements de gens qu’il ne connaît pas. Il y rencontre une vieille folle artiste qui fait pareil. Ils tombent amoureux mais ne vécurent pas longtemps et n’eurent pas beaucoup d’enfants.
        Bonne nuit ou bonne journée, comme il vous plaira Madame la Marquise…
Par Lucie
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 00:24


      Bon alors vu que hier, bon, alors aujourd’hui, je me rattrape et raconte deux jours en un. Olala, mal de crâne intense !
    Samedi : Rarement autant blablaté. Philosophie de comptoir de café, on a refait le monde avec des guests qui viennent de tout autour du globe. La guerre, l’amitié, les voyages, des morceaux de vie. De la vie, de la Mort et des papillons. J’ai l’impression d’être sur un paquebot et de faire une longue traversée de l’Altantique. Pour tuer le temps pendant les interminables shifts, on boit des bières, joue aux cartes et surtout, on raconte des histoires. Rencontres superficielles et profondes à la fois, c’est définitivement paradoxal. Groupe de professeurs d’économie trentenaires de la Plata, en Argentine. Photographe norvégien. Étudiant israëlien. Couple d’amoureux danois. Bande de potes californiens.
    Avec Elissa-aux-cheveux-rouges, on a embarqué quelques guests homologués à la découvertes des bières made in Brooklyn. On a essayé de toutes les tester à coup de tournées générales. Blue Moon, c’est le seul nom dont je me souvienne. Pour le rentrage, le taxi jaune s’en imposé. Course poursuite après personne dans la ville illuminée. Vu d’un pont : centaines de petits carrés oranges sur fond noir.
    Dimanche : Cleaning shift maitrisé le lendemain malgré la tête en chou fleur du dimanche matin post-bières. Retrouvailles avec Eva-la-scarifiée qui était partie voir l’arrière pays pendant quelques jours. On a erré dans la prestigieuse et élitiste université de Columbia désertée pour l’été. Puis flânerie dans Harlem. Population afroaméricaine visiblement beaucoup plus pauvre que dans le Lower east side.  Comme ils n’ont probablement pas de jardin, les habitants investissent le parc public et semblaient s’y sentir chez eux. Des familles ont installé des tables en plastoc et s’affairaient autour de barbecue à l’odeur alléchante. Une petite fille fêtait ses dix ans avec tous ses amis, elle trônait dans une chaise de princesse en rotin blanc enrubannée, environnée de ballons violets. Une bande de vieux jouaient aux échecs. On a assisté à un match de baseball. Encore une fois, la fiction devient réalité. Le mec avec sa casquette, ses épaulettes, prêt à frapper la balle avec sa batte, et ses potes qui l’encourangent derrière le grillage, le même mec que dans les films, mais en vrai.
    Expédition sur les toits de l’hostel par une porte secrète, mais chut, c’est interdit d’y aller. Waouh ! Étonnant de voir, le Mc Do, le New Roma Pizza, le Rainbow (magasin de fringues de toutes les couleurs), le Williamsburg bridge et le smoke shop d’un nouveau point de vue ; de voir ce carrefour maintenant familier sous un angle inhabituel ; D’embrasser l’ensemble de ces rues d’un seul coup d’oeil et d’aquérir une soudaine vision synthétique de ces endroits. Des gens comme des insectes minuscules en bas. D’autres gens entrevus par les fenêtres ; dans leur cuisine ou leur salle de bain, qu’on peut espionner comme dans Fenêtre sur cour.  Beau coucher de soleil rose-mauve agrémenté de Corona.
    Puis concert de rock garage underground je sais pas quoi, un peu genre Tracks dans un bar sous terrain à un bloc d’ici. Des potes de Pennsylvanie de Collin-et-sa-bettrave-qui-joue-aussi-dans-un-groupe. C’est toute une bande de musicos qui ont grandit dans la morne banlieue de Philadelphie et ont fuit vers New York dès qu’ils ont eut l’âge requis. Milieu intéressant, anticonformiste et pas que dans les apparences. J’ai envie de mieux connaître ces authentiques américains légèrement en marge du système.
    Échouage au Mars Bar à une heure avancée de la nuit. J’adore ce bar aux murs blancs cradingues, ce bar un peu rock-trash mais pas branché. Et puis bien sûr, il y a le Juke Box. Et aussi le serveur, j’ai enfin trouvé le sosie de qui il est ! C’est la réincarnation de Bertrand Cantat. Ou non, plutôt, le frère jumeau caché de Bertrand Cantat. Spécialité de la maison : Wisky on the rocks.  J’ai tellement rigolé ! N’importe quoi était hilarant. Vive l’alcool des fois.
    Amusez vous bien comme des petits fous et des petites folles !!


Par Lucie
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 08:24
        Hie guys, I’m totally fucked up tonight ! But as everyone knows : a post a day, brings the doctor away ! So, I, I, I don’t know what to say, caus’ I’m so Hight, you know… But tomorow, I’ll tell the all story. But for now, I reallly can’t caus’ I so fucking hight !! And everything is sooooo fucking funny !!
        Bye then, take care, I love aaaaaalllllll of you !!
Par Lucie
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 00:19

        Farniente à la piscaille du coin. C’est un peu comme prendre un bain géant avec les gens du subway. Tant de corps, tant de chair nue de toutes les teintes : du noir ébène au blanc comme neige. Du noir chauve souris au blanc poulet. Un défilé de tatouages aussi. Tigre rugissant à l’ épaule,  nuée d’étoiles cachées derrière une oreille, serpent enroulé autour de la cheville, fleurs et araignées, signes cabalistiques à l’intérieur du poignet, petit cœur rose posé sur une hanche. Comme une seconde peau, les dessins multicolores recouvrent des surfaces d’épiderme impressionnantes, comme des vêtements presque. Pas le genre tatouage discret qu’on peut éventuellement dissimuler. Les habitants de l’East Village sont adeptes de tatouages, c’est presque la norme d’en avoir. On croise une boutique en sous sol d’allure trash à chaque block. Mais c’est des antipunks pourtant ; ils mangent « organic », ne fument pas, se défoncent encore moins, soignent leur Iphone, ont les cheveux bien peignés, font leur jogging et surtout, ils semblent croire au Bien-travail-famille-argent-dieu-et l’Amérique.
    Puis, je suis retournée sur le « sentier côtier » qui longe la pointe Sud de Manhattan, au dessous du Finantial District. Il faisait un temps étrange. Désolée mais l’instant météo va s’imposer ici. Brume blanche enveloppante. Ciel gris sombre annonciateur d’un orage qui n’est jamais venu. Quelques lourdes gouttes de pluie chaude solitaires. Le sommet des grattes ciels a disparu dans le brouillard. Embruns marins qui collent à la peau. Vent du large qui emmèle les cheveux. Mer agitée. Quel apaisement d’oberver le mouvement perpétuel de cette masse aquatique. Air moite qui englobe tout. Vent qui vient de loin, qui sent l’océan. Sentiment d’évidence face à la mer, face à toute cette eau qui ne s’arrête jamais de bouger, qui est comme vivante et qu’on devine infinie. Indiscible bien sûr. La mer quoi.
    Night shift. Comme c’est Friday, il y a plein de guests qui rentrent de soirée au compte goutte tout au long de la nuit, dans un état d’ébriété bien avancé en général. Donc sommeil haché en fines tranches par la stridente sonnerie de l’interphone. Je sursaute systématiquement à chaque hurlement du buzz. La lumière rouge du panneau de sécurité « EXIT » baigne la pièce vide. Je rêve de check in très réalistes ou que j’ouvre la porte à des gens qui sonnent en bas. Du coup, tout se mélange, le matin, je n’arrive plus à discerner ce qui s’est passé pour de vrai de ce que j’ai imaginé.
    Take care !   
Par Lucie
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 01:15
   
   
        Désertique. Hostel déserté. Calme après la tempête des bed bugs. Il n’y a presque plus de guests. Suis toute seule à l’acceuil. Les vastes dortoirs sont vides. Il fait trop chaud. Bruit du ventilateur. Torpeur d’un après-midi d’été.
     Journée d’errance sur la toile virtuelle. Questionnaires drôles des carnets d’été de Libé. Blog sur les tribulations d’une caissière. Article wikipédia sur l’architecture. Blog sur la vie décalée d’une hotesse de l’air. Bouquinade intermitante. Blabla avec Reece-l’autralien-qui bosse-dans-une-galerie sur l’Hart. L’ « Hart », ça veut dire « genre l’Art ». Ca vient de Marelle de Cortàzar, un personnage aime ajouter un « H » devant les termes trop pompeux pour les mettre à distance avec une touche d’ironie.
    Pour aller sur internet, les guests doivent (en principe) glisser un billet de un dollar dans une tirelire. Andrea-la-mexicaine est en train de farfouiller dedans pour piquer de quoi s’acheter un pot de glace au deli du coin. Comme d’habitude. On peut apercevoir dans l’entrebaillement de la porte, un guest qui traine gratte vaguement sa guitare, les pieds ballands de son lit superposé. Davide-l’italiano délire sur se carrière de star à Los Angeles. Il faut descendre les poubelles dans la rue bientôt. Tiara-la-malicieuse rentre de sa journée de boulot de caissière avant d’entamer le night shift. Elissa-aux-cheveux-rouges vient se faire des pâtes sans blé car elle y est allergique. Une guest qui s’en va demande qu’on lui indique les correspondances sur la carte de NY épinglée à l’entrée. C’est le J-train marron jusqu’à Jamaïca station dans le Queen, puis le Air-train jusqu’à l’aéroport JFK. Comme d’habitude. Collin-et-sa-bettrave revient lui aussi de sa journée de boulot dans un bar à jus de fruit de Brooklyn. Des répétitions avec variations, petits riens qui scandent un rythme quotidien.
    Après cette journée lente : cinéma avec Kiff-de-Londres-d’origine-érytréenne, Elissa-en-robe-vert-pomme et un pot XXL de pop corn. À l’affiche : Brüno. Si si. Le dernier film de l’anglais Sacha Baron Cohen, dans la lignée de Borat. On retrouve le même système de vraies-fausses interviews par un personnage ridicule et débile qui expose en creux la folie des États Unis. Cette fois çi, c’est pas un journaliste kazak mais un jeune gay autrichien qui rêve de paillettes. Ça ressemble un peu à Micheal Moore, dans le genre sarcasme engagé, limite propagande mais en version déglingue. C’est toujours trop scato-cul et éminement politiquement incorrect. On y croise par exemple des jumelles consultantes dont le rôle est de trouver la cause humanitaire la plus cool pour l’image des star, des parents prêts à exploiter leurs enfants contre un chèque, des adeptes de la ligue de la fierté hétéro, ect mais je n’en révèlle pas trop…
    C’est effrayant et hilarant à la fois. On peut faire la grimace et trouver ça de mauvais goût et particulièrement vulgaire. C’est vrai aussi. C’était intéressant d’être dans un ciné rempli d’américains et d’écouter leurs réactions. Bon, c’était un public boboïssime probablement pas très représentatif de l’américain moyen mais ils explosaient de rire et faisaient aussi des commentaires. Oh no, Jes’, tell me it’s not true ! Oh my God, can’t believe it !
    Voilà, bo-nne nuit, les petits, le marchand de sable va bientôt passer. Faites de beaux rêves. Ou bien, si c’est le matin, bo-nne jour-née les petits et profitez du ciel bleu.

Par Lucie
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